Discours direct, indirect, indirect libre

Julie Champion, professeur de français au collège, propose une activité de révision du brevet en français sur un point de langue : le discours direct, le discours indirect et le discours indirect libre. L’auteur présente ainsi son activité : « Paroles rapportées : distinguer le discours direct, indirect, indirect libre : un cours et des exercices interactifs ».
Ancrage au programme scolaire

  • Niveau : Troisième
  • Discipline : Français
  • Thème : discours direct, discours indirect et discours indirect libre
Déroulé de l'activité pédagogique
  • Les paroles rapportées : le cours

Dans un récit, pour rapporter les paroles des personnages, il est possible d’employer trois types de discours : le discours direct, le discours indirect et le discours indirect libre.

1. Le discours direct

Ce type de discours rapporte les paroles telles qu’elles ont été prononcées (sont censées avoir été prononcées) par les personnages. C’est le type de discours employé dans les dialogues, le lecteur a ainsi l’impression que les personnages prennent la parole devant lui.

Verbes de parole et guillemets

Le discours direct est introduit par un verbe de parole (dire, parler, s’exclamer…) situé avant le discours direct ou après lorsqu’il s’agit de propositions incises (dit-il, s’exclama-t-elle, répondit Paul…).

Le discours direct se repère par la présence de guillemets (mais leur présence n’est pas systématique) et de tiretsindiquant les changements de personnages.

Exemple :
Pierre
 dit :
«
 Je suis déçu par ce livre.  
 Je l’ai pourtant trouvé très bon. » répondit Christine.

 

Enoncé ancré, langage familier, interjections

Le repérage des personnes, des lieux et du temps se fait en fonction de celui qui parle. On parle d’énoncés ancrés dans la situation d’énonciation. Le personnage parle à la première personne et s’adresse aux autres à la deuxième personne. Les indications de temps et de lieux sont également liées au moment où les paroles sont prononcées (adverbes de temps et de lieux : « aujourd’hui », « maintenant », « ici » mais aussi articles et pronoms démonstratifs : « ce soir »).

Enfin, les paroles sont retranscrites telles que les personnages les ont prononcées (ou sont censés les avoir prononcées), le langage familier, les interjections ainsi que toutes les marques d’oralité peuvent être employés.

Exemple : 
– Il faut que je les embrasse ! Oh ! comme je voudrais en avoir un, celui-là, le tout petit.
–  Vous voulez que j’vous vendions Charlot ? Ah ! mais non ; c’est pas des choses qu’on d’mande à une mère çà ! Ah ! mais non ! Ce serait abomination. (Maupassant,
 « Aux champs »)

 

2. Le discours indirect

Dans le discours indirect, les paroles sont rapportées par le narrateur qui les prend en charge et les intègre au récit.

Verbe de parole et phrase déclarative

Le verbe de parole se place alors devant les paroles des personnages qui se voient modifiées. Le type de phrase est déclaratif même si les paroles rapportées appartiennent à un autre type.

Exemple : Il lui demanda si elle voulait venir avec lui.

Enoncé coupé de la situation d’énonciation

Le personnage est désigné par la troisième personne et les indices de temps et de lieu sont modifiés car les énoncés ne sont plus ancrés dans la situation d’énonciation. « Demain » devient « le lendemain », « hier » devient « la veille », « ici » devient « devant le mur »…

Le langage familier, les interjections ainsi que toutes les marques d’oralité sont gommées.

Enfin, les temps employés dépendent du temps auquel est mené le récit et implique une concordance des temps.

Discours direct Discours indirect
Présent : Claire dit : « J’aime étudier ». Imparfait : Claire dit qu’elle aimait étudier.
Imparfait : Claire dit : « J’aimais étudier à l’université. » Imparfait : Claire dit qu’elle aimait étudier à l’université.
Passé composé : Claire dit : « J’ai aimé étudier à l’université. » Plus-que-parfait : Claire dit qu’elle avait aimé étudier à l’université.
Futur simple : Claire dit : « J’aimerai étudier à l’université. » Conditionnel présent : Claire dit qu’elle aimerait étudier à l’université.

 

3. Le discours indirect libre

Le discours indirect libre est un mélange des deux discours précédents. Il n’impose pas la présence d’un verbe de parole pour l’introduire.

Points communs avec le discours direct

Comme le discours direct, il conserve les marques d’oralité, les types de phrases et les mots mêmes prononcés par le personnage.

Points communs avec le discours direct

En revanche, comme dans le discours indirect les guillemets et tirets sont absents, la troisième personne est employée et les temps du récit sont utilisés.

Le discours indirect libre donne accès aux pensées des personnages mais laisse aussi parfois persister des doutes quand à l’instance qui prend en charge le discours.

Exemple : Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme une chatte. Goujet, d’ailleurs, s’emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne ! (Zola, L’Assommoir)

 

  • Exercices sur les paroles rapportées

Indique si les extraits de texte en gras sont au discours direct, indirect ou indirect libre (CORRECTION).

1. « Ça n’est pas bien, Jacques, de me mépriser comme ça. » (Maupassant, « Une fille de ferme »)
Cette phrase est au discours est direct car la première personne renvoie à celle qui parle et le temps correspond au présent du personnage.
2.« Il protesta. Non, il ne la méprisait pas, mais il était amoureux, voilà tout. »  (Maupassant, « Une fille de ferme »)
Ces phrases sont au discours indirect libre. La troisième  personne est utilisée et le temps (l’imparfait) a été modifié en fonction du temps du récit (le passé simple) comme au discours indirect. Cependant, il n’y pas de verbe de parole qui introduit les propos et les mots mêmes du personnage sont retranscrits (« Non », « voilà tout »).

  1. « Cependant, Mes-Bottes, accompagné de ses deux camarades, était venu s’accouder sur la barrière, en attendant qu’un coin du comptoir fût libre. Il avait un rire de poulie mal graissée, hochant la tête, les yeux attendris, fixés sur la machine à soûler. Tonnerre de Dieu ! elle était bien gentille ! Il y avait, dans ce gros bedon de cuivre, de quoi se tenir le gosier au frais pendant huit jours. Lui, aurait voulu qu’on lui soudât le bout du serpentin entre les dents, pour sentir le vitriol encore chaud l’emplir, lui descendre jusqu’aux talons, toujours, toujours, comme un petit ruisseau. » (Zola, L’Assomoir).
    Cet extrait est au discours indirect libre : les types de phrases sont conservés, les mots du personnage aussi comme au discours direct , mais la troisième personne et l’imparfait  sont employés comme au discours indirect .

4. « Alors, Gervaise, prise d’un frisson, recula ; et elle tâchait de sourire, en murmurant :
C’est bête, ça me fait froid, cette machine… La boisson me fait froid… » (Zola, L’Assomoir)
Cet extrait est au discours direct comme l’indiquent la présence du verbe de parole, du tiret, de la première  personne et des marques d’oralité (« c’est bête », « ça me fait froid »).

  1. « Il se disait heureux d’être échappé aux affaires. » (Flaubert, L’Education sentimentale)
    Cette phrase est au discours indirect car elle est introduite pas un verbe de parole et les propos du personnage sont pris en charge par le narrateur.

6. « Elle lui dit :
Je vous remercie, monsieur.» (Flaubert, L’Education sentimentale).
Cet extrait est au discours direct  comme le font apparaître la présence des guillemets et du tiret, la présence de la première  personne et l’usage du présent d’énonciation.

7. « Autour des tables rondes, des bourgeois mangeaient, un garçon de café circulait ; M. et Mme Arnoux étaient dans le fond, à droite ; il s’assit sur la longue banquette de velours, ayant ramassé un journal qui se trouvait là. Ils devaient, à Montereau, prendre la diligence de Châlons. Leur voyage en Suisse durerait un mois. » (Flaubert, L’Education sentimentale)
Cet extrait est au discours indirect libre : la troisième  personne est employée, de même que l’imparfait mais les propos ne sont pas introduits par un verbe de parole.

8. « Un employé souleva la portière, et répondit que Monsieur ne serait pas « au magasin » avant cinq heures. » (Flaubert, L’Education sentimentale)
Cet extrait est au discours indirect : les paroles rapportées sont introduites par un verbe de parole et le futur est devenu du conditionnel  présent afin de respecter la concordance des temps. Seuls les mots « au magasin » sont au discours direct  comme le souligne la présence des guillemets.

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Activité en Français : Discours direct, indirect, indirect libre

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Crédit : Dialogue

 

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